Commune d'Heyrieux

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L'histoire de la commune

Heyrieux qui fait figure de chef-lieu de canton du département de l’Isère, est un gros bourg rural du Bas Dauphiné, à 20 km de Lyon.

C’est avant tout un centre de commerce agricole avec un marché achalandé le vendredi et de nombreuses foires qui n’ont pas vu, comme beaucoup d’autres, décroître leur réputation d’antan.

Heyrieux doit ce caractère à sa situation au carrefour de routes naturelles, au pied des Balmes Viennoises, riches en moisson et en beaux pâturages, et à l’extrémité orientale de cette plaine dauphinoise de Lyon, que gagne de jour en jour la grande industrie. Ce bourg vient d’être choisi pour la création d’une importante Foire Concours de la race bovine de l’arrondissement de Vienne. Ce choix ne pouvait être plus heureux car le passé d’Heyrieux répond de son avenir.

Le flanc de la colline qui abrite cette petite ville avec ces nombreux points d’eau naturels dut attirer les humains dès la plus haute antiquité, au moins dès la période néolithique si l’on en juge par les « silex taillés » retrouvés sur son sol. Mais en tant que village, Heyrieux tire son nom et son origine d’une de ces nombreuses « villas» gallo-romaines qui parsemaient le « pays viennois » des Allobroges au premier siècle de notre ère. Des vestiges de constructions romaines, des poteries, des amphores, des débris de mosaïques attestent l’importance de ce domaine rural primitif qui portait le nom d’Ariacus-« domaine d’Arius ». Evolué en village avec les siècles suivants, il conservait encore son nom à l’époque carolingienne, si l’on en croit une carte de l’an 837 où Heyrieux est désigné sous l’appellation « In Ariaco ».

Ce nom se transforme au cours du Moyen Age en Arié, Ayreu ou Erié, formes romanes usitées encore dans la langue usuelle : le patois.

Avec le XVème siècle apparaît le terme d’Erieu, puis Eyrieu devenu finalement Heyrieux au XIXème siècle.

Au Moyen-Age, le terme d’Heyrieux relevait directement des Sirs de Chandieu, puissants barons féodaux dont la juridiction s’étendait, dit le texte d’un acte d’hommage de 1242 « depuis le Sablon de Grenay jusqu’au Pont du Rhône à Lyon ».

Les Comtes de Savoie étaient leurs suzerains, si bien qu’Heyrieux faisait partie de cette enclave savoyarde du Bas Dauphiné, qui ne fut cédée au Roi Dauphin qu’en 1356, quelques années après l’acte de transport du Dauphiné à la France (1349).

Les seigneurs de Chandieu avaient vu, entre temps, fondre une partie de leur immense fortune. Pour rembourser la dot de sa première femme en 1393, Arthaud de Chandieu se vit contraint d’aliéner son « Château d’Heyrieux, avec ses droits et dépendances au prix de

4000 livres ».

Ce château dont il ne reste tout au plus que quelques vestiges était compris dans les remparts de la ville. Il constituait le fief seigneurial d’Heyrieux duquel relevaient trois arrière-fiefs, à savoir :

  • Le château de Maille dont les ruines ont été « relevées » au XIXème siècle
  • La Maison-forte de Césarges
  • Et la « poype de Rajat » connue dans la légende sous le nom de « Château de la Dame Blanche ».

Histoire d'Heyrieux 1

Ce dernier est aujourd’hui complètement rasé et le tertre qui le portait domine le magnifique château moderne de la famille Guérin de Rajat.

Il y avait encore dans la « terre d’Heyrieux » un autre fief indépendant constitué par le château du Colombier. Celui-ci, malgré de nombreuses « restaurations », offre encore des vestiges intéressants des XVème et XVIème siècles.

Quant aux différents seigneurs d’Heyrieux, aussi bien Hugues de Saluces qui acheta cette seigneurie à Arthaud de Chandieu, que ses successeurs, de la  maison  de Saluces ou de la maison de la Balme, aussi bien le connétable de Lesdiguières, acquéreur de cette terre à la veille de sa mort que ses héritiers les ducs de Créquy, aucun ne paraît avoir joué un rôle à Heyrieux.

C’est que les habitants de cette ville s’étaient depuis longtemps constitués en « communauté » grâce à une charte de liberté obtenue dès l’année 1328 du seigneur Jean de Chandieu.

Depuis lors, ils étaient fiers de leur titre de « bourgeois d’Heyrieux », tour à tour confirmé par les comtes de Savoie et les rois de France. Cette organisation communale ne fut pas sans aider à la prospérité de la ville. Cette prospérité, Heyrieux la devait déjà en partie, à la présence d’un prieuré important de bénédictins : le Prieuré Notre-Dame d’Heyrieux.

D’après M. PILOT de THOREY, ancien architecte de l’Isère, ce monastère aurait été détruit par un incendie, au cours du XIIème siècle, et rattaché alors à l’abbaye d’Ambronay-en-Bugey.

Une coutume charmante unissait les deux villes : lorsque les habitants d’Heyrieux se présentaient au couvent d’Ambronay, ils y étaient toujours reçus et traités gratuitement pendant trois jours. De ce prieuré, il ne reste plus que le souvenir concerné avec le nom du  « chemin du Cloître ». Il en est de même de l’ancienne église « conventuelle » à l’origine. Elle était célèbre autrefois, on y venait en pèlerinage et spécialement y « rendre des vœux » au jour de la fête de l’Assomption de Notre-Dame (ainsi pris naissance, la grande « vogue » annuelle du 15 août).

Cette église romane ne survécut que quelques années à la Révolution et sur son emplacement s’élève de nos jours l’hôtel de ville.

L’église actuelle fut bâtie au Bourg Bas, il y a quelques trente ans, dans un style roman moderne.

Au cours du siècle dernier, Heyrieux a perdu ainsi tous ses monuments du passé, il a perdu en même temps toute sa physionomie d’antan que lui donnait son caractère de pays d’étape entre la Guillotière et Artas sur le « grand chemin de Lyon à Grenoble » : c’était l’arrêt obligatoire des chevaux de poste, des diligences, des postillons et des routiers….

Aussi les auberges y florissaient, c’étaient le « Logis de la Coupe d’Or », le « Logis de l’ « Ange », celui de la « Croix d’Or », le « logis de la Pomme Rouge » qui a laissé son nom à la place du Bourg Bas, etc.

Histoire d'Heyrieux 2

Le long de cette route, il y avait encore là un « péage » établi d’ailleurs de toute ancienneté, peut-être même par les Romains. Les gens d’Heyrieux en étaient d’ailleurs exempts. Il y  avait également  un « Hôpital » où l’on recevait  non seulement les malades mais aussi les voyageurs égarés et les vagabonds exténués.


L’affluence du passage des voyageurs et des marchandises sur « ce grand chemin de Lyon à Grenoble » devait faire d’Heyrieux un grand centre de commerces, des foires devaient nécessairement  y prendre naissance. Elles devinrent officielles sous François 1er, à la suite d’une requête adressée par les habitants au Roi Dauphin par la voix de leurs consuls.
Par lettres patentes données à Saint-Maur-les Fossés, en l’an 1542, François 1er « par la grâce de Dieu, Roy de France et Dauphin de Viennois »… octroye « par plaisir, dit il, deux foires et un marché à ses chers et bon amis, les mamans et habitants de sa ville d’Eyrieu, en son pays du Dauphiné, attendu que ladite ville est située en bon et fertile pays, loin de grosses villes et sur le passage des marchandises au temps des bleds, vins, bétails que des autres choses nécessaires pour le vivre des personnes ». Il le fait, ajoute-t-il « autant pour la décoration et l’augmentation de ladite ville que pour le profit et l’utilité des villages des environs ».

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Ainsi furent créées officiellement les deux foires les plus importantes d’Heyrieux (celle de la Madeleine le 22 juillet et celle de la Sainte Catherine le 25 novembre) ainsi que le marché du vendredi. Ces foires obtinrent sans nul doute un plein succès puisqu’au siècle suivant sous Louis XIV, une troisième foire fut instituée le 09 septembre. Ce sont là,  les plus anciennes foires d’Heyrieux et toujours les plus achalandées. « La Sainte Catherine » en particulier, n’a pas vu décroître sa réputation d’autrefois : ce jour là, Heyrieux prend une animation extraordinaire et la « dinde » traditionnelle figure sur toutes les tables.

Au milieu du XIXème siècle, deux autres foires furent de nouveau créées à Heyrieux.

En 1870, cette ville fut encore choisie pour l’emplacement d’un marché extraordinaire le mardi 22 novembre ; lors de la panique causée par l’invasion, on devait faire le vide de provisions devant l’ennemi. Par voie d’affiches, le Préfet de l’Isère invita les cultivateurs du canton d’Heyrieux et des cantons circonvoisins à amener à ce marché leurs bestiaux qui devaient y être achetés par les délégués du conseil municipal de la commune de Lyon.

C’est sous des auspices beaucoup plus favorables à une époque de prospérité agricole,  où l’élevage tend de plus en plus à devenir méthodique, que va s’inaugurer cette nouvelle foire-concours à Heyrieux. Son succès récompensera le zèle de ses promoteurs. Comme celles de François 1er, n’est-elle pas faite autant « pour la décoration et l’augmentation de ladite ville que pour le profit et l’utilité des villages voisins » ?

 

C’étaient quelques mots du Docteur Joseph SAUNIER
Parus dans le NOUVELLISTE du 1er juin 1930



 

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